L’année 2025 confirme la consolidation des tendances engagées en 2023 et 2024 dans le domaine de la logistique urbaine en Île-de-France. Dans un environnement métropolitain marqué par une forte densité urbaine, une pression foncière élevée et des besoins logistiques soutenus par la vitalité économique francilienne, le secteur continue d’assurer un rôle essentiel dans l’approvisionnement du territoire. La demande prudente des utilisateurs et la recomposition de l’offre témoignent d’un marché qui s’ajuste sans se transformer radicalement.

Des utilisateurs prudents, mais toujours actifs

En 2025, les acteurs de la logistique urbaine ont poursuivi une approche prudente guidée par la recherche d’efficacité. La demande placée s’est concentrée exclusivement sur des surfaces inférieures à 3 000 m², illustrant l’intérêt pour des formats compacts bien intégrés au tissu urbain. Ces implantations de proximité permettent de densifier le maillage logistique et d’améliorer la réactivité des livraisons, en particulier sur le dernier kilomètre.

Cette orientation répond également à une volonté de meilleure maîtrise des risques. Dans un contexte de consommation encore fluctuante et qui peine à redémarrer pleinement, les utilisateurs ont favorisé la flexibilité. La location domine largement, car elle permet d’ajuster (plus ou moins) rapidement les surfaces ou les implantations. Les stratégies d’expansion large laissent place à des décisions plus ciblées, où chaque nouveau site doit apporter une valeur opérationnelle immédiate.

Sur le plan géographique, le secteur intra A86 a concentré la majorité des signatures, porté par sa proximité immédiate avec les principaux bassins de consommation. Les secteurs situés entre l’A86 et la N104 accueillent des opérations plus ponctuelles, tandis que la périphérie plus éloignée, reste marginale.

L’activité observée en 2025 traduit ainsi une dynamique d’optimisation des réseaux existants et de déploiements mesurés. Les acteurs reconfigurent leurs implantations, renforcent les sites stratégiques et recherchent des localisations capables d’améliorer la performance du dernier kilomètre. Le marché s’organise autour d’un équilibre subtil entre proximité, fonctionnalité et compétitivité. Cet arbitrage explique la forte attractivité des actifs idéalement situés, y compris lorsqu’ils proviennent du parc de seconde main, souvent mieux intégrés au tissu urbain que les développements neufs.

Une offre en rééquilibrage

L’offre immédiatement disponible totalise plus de 450 000 m² à la fin du 4e trimestre 2025. Ce volume, relativement élevé et diversifié, constitue un atout pour les utilisateurs en quête de solutions opérationnelles immédiates. L’absorption de ces surfaces reposera néanmoins sur la qualité des localisations, la fonctionnalité des formats et la cohérence des loyers par rapport aux attentes du marché.

Les libérations à venir restent limitées et majoritairement situées hors de Paris, soulignant la faible rotation des sites occupés dans la capitale. Elle s’explique par la valeur stratégique de ces adresses, où la proximité immédiate des zones de livraison et la difficulté à retrouver des implantations équivalentes incitent les locataires à s’ancrer durablement.

Du côté de l’offre future, les lancements en blanc demeurent restreints, avec seulement 2 projets sur 4 localisés dans Paris intramuros. Cette prudence traduit la volonté des promoteurs d’assurer la pertinence et la viabilité de leurs opérations. Dans un contexte urbain où les projets exigent des investissements élevés, des délais maîtrisés et une conformité accrue aux standards techniques et environnementaux, engager un développement sans visibilité préalable demeure complexe. À l’inverse, les projets en gris conservent une place centrale, totalisant 163 000 m² à fin 2025. Leur volume témoigne d’une stratégie visant à sécuriser la commercialisation avant le lancement, afin de garantir une adéquation précise entre les actifs développés et les besoins du marché.

Les loyers : un miroir des tensions métropolitaines

Les loyers atteignent un plateau élevé dans les zones les plus centrales, où la rareté prime sur les autres considérations. Paris intramuros, en particulier, conserve un niveau de valeurs qui reflète davantage la compétition pour l’emplacement que la nature des actifs eux-mêmes. Les loyers y restent durablement élevés et homogènes, quels que soient les formats, oscillant entre 180 et 250 €/m². En première couronne, les loyers se situent entre 120 et 180 €/m² pour les surfaces inférieures à 1 500 m², et entre 120 et 170 €/m² pour les surfaces plus importantes. Ce secteur constitue une alternative pour les opérateurs souhaitant rester proches de Paris, dans un périmètre où les opportunités sont présentes et les niveaux de loyers plus accessibles que dans la capitale. Plus on s’éloigne, plus les loyers s’ajustent. Entre l’A86 et la N104, les loyers se situent dans une fourchette de 90 à 160 €/m², en concordance avec une pression foncière plus faible et une demande plus éparse.

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Aubane Di Virgilio

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