Le passage d’une logique BtoB à une logique BtoC induite par le développement du e-commerce a conduit à un véritable éclatement des flux logistiques. Cette mutation met à mal la solidité économique du business model de la supply chain et démultiplie ses aménités environnementales négatives (congestion, pollution).  Or, la crise actuelle de la Covid et l’accélération de la digitalisation de nos modes de consommation qui en découle vont rendre ces problématiques encore plus prégnantes dans les années à venir.

Bien-être

 

Mutualisation des flux

 

Pour faire face à cette démultiplication des flux liée à leur nouvelle fragmentation, la question du rapprochement entre les lieux de distribution et le destinataire final devient aujourd’hui cruciale. La proximité constitue en effet le principal levier d’action pour répondre à l’exigence de rapidité du consommateur. Tout l’enjeu est de contenir les coûts et les nuisances inhérents à cette nouvelle phase finale de la livraison individuelle. Et cela, avant même les réflexions sur des modalités de transport innovantes et à faible nuisance. Le flux le moins coûteux ou impactant reste encore celui qu’on ne réalise pas… La logistique va ainsi devoir s’insérer de plus en plus finement dans le tissu urbain dense existant, au cœur même des bassins de consommation.

 

Mutation des usages

Cependant, aux impératifs de 0 artificialisation nette des sols, qui visent à lutter contre le développement incontrôlé des aires urbaines, se superpose désormais une demande accrue de mixité des fonctions. En effet, la crise de la Covid remet sur le devant de la scène plusieurs questions. Celles de l’animation des lieux de vie, de la qualité des espaces publics proposés mais aussi du confort du parc de logements. S’ensuit donc logiquement une réflexion sur les nouvelles normes de densité des espaces et des environnements urbains acceptables par les populations. Ainsi, la compétition pour le foncier disponible entre les différents usages risque encore de s’intensifier. Et cela au moment même où les besoins de maillage de la logistique urbaine vont s’accroître.

Certes, la dimension stratégique et donc prioritaire de la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement de la ville apparaît désormais claire, suite aux épisodes de confinement.

Cette prise de conscience devrait faciliter l’acceptation sociale et politique de la logistique urbaine. En effet, elle reste trop souvent le parent pauvre des politiques d’aménagement urbaines. Ceci en raison de la méconnaissance de ses problématiques spécifiques. Mais aussi de la confusion encore prégnante avec les nuisances induites par les plateformes XXL.

Mais la rareté de l’offre disponible en milieu dense et la réalité des valeurs foncières acceptables pour l’équilibre économique des supply chain rendent nécessaires la recherche de solutions novatrices pour mobiliser les espaces nécessaires à son fonctionnement.

Christelle Bastard, Associate Director, Responsable des études transverses et prospectives 

I Pour toute information supplémentaire, contactez Pierre-Louis Dumont, Directeur Activités Ile-de-France