Le « coworking » est un terme qui renvoie à un large spectre de solutions flexibles (bureaux partagés, incubateurs, centres d’affaires, solutions d’entreprises et clé-en-main). Le contexte de révolution technologique, digitale, entrepreneuriale, et l’évolution des modes de travail sont autant de facteurs différents qui ont favorisé leur expansion sur le territoire d’Île-de-France.

Sur ce secteur, les espaces de travail partagés représentent aujourd’hui plus de 568 000 m² du parc tertiaire global avec une très forte présence dans le centre parisien (67% des surfaces). Ce qui représente aujourd’hui un peu plus de 26 000 postes disponibles immédiatement.

La crise sanitaire et économique n’a pas épargné les acteurs du coworking. En effet, l’impact à court terme a entrainé à la fois une forte contraction de la demande et de la fréquentation des espaces mais aussi des coûts supplémentaires liés à la mise en place des règles gouvernementales.

Pour les trois spécialistes de solutions de bureaux partagés que nous avons interrogés, la crise sanitaire a impacté le coworking. Mais la reprise de septembre s’est montrée positive pour Deskeo, IWG et Kwerk. Ils notent cependant une légère baisse de l’occupation des postes au moment du second confinement

« Plus on est dans les grandes villes, plus la crise a un impact » introduit Christophe Burckart, Directeur général IWG France, dont le réseau est le plus vaste au monde. « Le business a fortement été touché au premier confinement, mais il a très vite repris, avec un mois de septembre historique […] Les entreprises qui nous connaissaient ont continué à venir, et beaucoup de nouvelles sont venues car elles ont trouvé une réponse à l’incertitude grâce à la flexibilité du modèle ».

Timothée Rémond, Head of Sales chez Kwerk fait une constatation similaire : « Nous avons perdu quelques clients, des petites structures, qui ont cherché à économiser. Et la partie immobilière/servicielle étant un centre de coût important, l’avantage du modèle de la flexibilité s’est révélé. »

 « Le contexte nous a permis de valider notre modèle » complète Hugo Cheysson, Head of Sales chez Deskeo. La crise, même si elle a un impact considérable, leur permet de tirer leur épingle du jeu. »

UNE PÉRIODE INCERTAINE

La période actuelle pose une véritable problématique. En effet, les entreprises manquent de visibilité. Cela entraine une prudence au niveau de leurs engagements et investissements pour les espaces de travail. « Elles veulent garder le contrôle, et  pouvoir partir si elles le décident » précise Jules Latournerie, Directeur Marketing chez Deskeo.

Tout l’enjeu pour les acteurs de ces solutions de flexibilité est d’assurer un suivi et de pouvoir continuer à proposer leurs services tout en ayant en tête les difficultés liées au contexte que vivent les sociétés.

COMMUNICATION, INNOVATION ET ACCELERATION DE LA DIGITALISATION

Dès le premier confinement, Deskeo a impliqué toutes ses équipes afin de proposer rapidement à leur écosystème un outil pour répondre aux nouvelles mesures sanitaires en entreprise, sous la forme d’un « Guide de retour au bureau ». Conscient qu’à cette période « la recherche de bureaux n’était pas la priorité des entreprises », Deskeo a choisi d’apporter une réponse concrète aux nouvelles interrogations des utilisateurs.

Pour Timothée Rémond « Les crises révèlent les faiblesses, mais permettent aussi de s’adapter »,

Pour s’adapter, Kwerk a accéléré sa digitalisation pour assurer la continuité de ses services. L’accueil et les réservations de salles de réunions, se font désormais via une toute nouvelle application mobile. L’animation de la communauté est gérée par des moments d’échanges sur Zoom. Et enfin l’accompagnement physique et mental proposé aux entreprises se prolonge online avec plusieurs rendez-vous quotidiens.

ET DEMAIN ?

Jules Latournerie, voit un changement d’état d’esprit sur l’engagement des entreprises. Il précise : « C’était déjà compliqué de s’engager sur neuf ans avant […] Il y a un an personne ne pouvait imaginer un épisode qui allait bouleverser les prévisions de toutes les entreprises au monde, on voit bien que le monde va de plus en plus vite, et qu’il y a de l’incertitude à tous les niveaux ». Pour Deskeo, le modèle de la flexibilité permet aux entreprises de pouvoir grandir plus sereinement.

Christophe Burckart, lui, nous parle de nomadisme. Selon lui « les entreprises vont petit à petit repenser la matérialisation du bureau, pour le penser comme un service », à l’image de DELL qui permet à ses collaborateurs d’accéder à tous le réseau créé par IWG grâce à un abonnement. Répartis autour de Paris, les espaces Stop & Work d’IWG ont été de très bons alliés pour les abonnés vivant en banlieue parisienne. Ils ont ainsi pu profiter d’espaces de travail à proximité de leur domicile. Ils ont également évité les transports en commun quand il était difficile de se déplacer.

Ce modèle contribue à l’équation financière d’une entreprise avec un modèle « à la demande ». L’utilisateur paie ce qu’il consomme. Et enfin, il évoque avec nous la notion d’expérience utilisateurs « quand quelqu’un vient travailler il doit vivre une expérience de vie qui soit la plus agréable possible ».

VERS UNE LOGIQUE D’EXPÉRIENCE ?

Timothée Rémond, suit cette logique d’expérience. Selon lui, même si nous avons quelques mois difficiles encore devant nous, cette période sera suivie d’une prise de conscience car « l’engagement des collaborateurs va être une priorité […] le bien-être deviendra un sujet important sur les mois à venir […], les entreprises vont prendre moins d’espaces mais plus de services ». Et Kwerk, avec son positionnement et sa marque déposée de Wellworking l’a bien compris : « la conséquence du télétravail, c’est la prise de conscience de l’importance de l’équilibre vie privée/-vie professionnelle, et les entreprises vont tout investir sur les collaborateurs et travailler sur les sujets de l’engagement, l’attractivité de la marque, la rétention des talents ».

Le modèle des espaces de travail flexibles et partagés n’a pas fini de séduire les entreprises. Ils permettent aux utilisateurs d’offrir une expérience de qualité tout en permettant une agilité financière. La crise sanitaire que nous traversons permet une transition forte vers le digital, et met en lumière de nouveaux besoins auxquels le monde du bureau doit s’adapter.

 

Merci à Hugo Cheysson, Jules Latournerie de chez Deskeo, à Christophe Burckart de chez IWG France, et à Timothée Rémond de chez Kwerk.

Retrouvez notre étude “Coworking : l’âge de la maturité”