L’Est francilien a placé 109 488 m² de locaux d’activités au premier semestre 2026, en hausse de 32 % sur un an, son meilleur niveau depuis 2023. La location reste majoritaire, mais la vente connaît un regain. Les investisseurs continuent de miser sur le territoire, signe que la confiance est là.

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Le regain de la vente

Dès qu’un actif est au bon prix et bien placé, il trouve un acquéreur. Des entreprises restent candidates à l’achat de leurs locaux, et des ventes se concluent sur des parcs en développement. Le rapport de force a basculé côté acquéreur : les vendeurs qui maintiennent des valeurs élevées au regard de l’état de leurs actifs ont plus de mal à conclure.

Les petites surfaces en tête

Les petites surfaces ont signé la meilleure performance, avec un volume de transactions soutenu. Les moyennes et grandes surfaces, un peu en retrait sur les années précédentes, connaissent un rattrapage.

Beaucoup d’utilisateurs rationalisent leurs implantations. Une entreprise présente au nord, au sud et à l’ouest regroupe ses sites sur un ou deux, mieux placés, sur un axe qui dessert bien l’Île-de-France.

Des preneurs plus sélectifs

Le loisir, présent ces derniers temps avec des signatures comme Play Padel sur 3 494 m² à Alfortville au premier semestre, rencontre davantage de freins : banques et collectivités se montrent plus réservées sur ces projets.

Au premier semestre, les entreprises centrées sur le marché français ont porté davantage de projets, quand celles tournées vers les pays du Golfe sont restées prudentes après la crise du détroit d’Ormuz. La consommation ralentit légèrement, mais des entreprises en bonne santé ont envie d’avancer : elles attendent que leurs résultats soient au rendez-vous pour signer.

La dorsale fait la valeur

Le corridor de l’A86 et de l’A4, jusqu’à Disneyland Paris et au Val d’Europe, concentre les marchés phares, avec Créteil, Limeil-Brévannes, Bonneuil-sur-Marne et Boissy-Saint-Léger. Un bâtiment en bon état y obtient des loyers soutenus.

L’écart entre départements s’explique. La Seine-Saint-Denis est chère, avec un parc vieillissant. La Seine-et-Marne propose des bâtiments récents à des loyers raisonnables. Le neuf et le restructuré pèsent un tiers des surfaces vacantes de l’Est, la plus forte part de la région. Tout se joue sur la position de l’actif, sur la dorsale ou en dehors.

Le report de demande suit un schéma classique : s’éloigner pour prendre plus grand et moins cher. Mais pas trop loin. Les entreprises veulent préserver les trajets de leurs salariés et rester connectées à Paris, où le parc ne correspond pas toujours à leurs besoins et où les loyers restent très élevés.

Bailleurs privés, bailleurs institutionnels

Les institutionnels continuent d’augmenter leurs loyers faciaux malgré le contexte. Leurs actifs, achetés cher, exigent des loyers élevés pour équilibrer leurs comptes. Ils compensent par l’accompagnement, avec des franchises qui approchent désormais deux mois par année d’engagement. Les bailleurs privés baissent sensiblement leur loyer facial mais accompagnent moins.

Remplir, le prochain défi

Avec 739 137 m² immédiatement disponibles au T2 2026, les preneurs ont de quoi comparer, et l’approche de l’élection présidentielle incite à attendre. Les parcs d’activités se vendent, il faut maintenant les remplir. Les bailleurs qui alignent état technique, loyer et mesures d’accompagnement signeront les premiers.

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Thibault Lemoffe

Thibault Lemoffe

Consultant Research I&L

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Olivier Lambin

Olivier Lambin

Directeur Activités Grand Sud Île-de-France

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